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network 14/06/2017 - 11:00AM

Un retour sur OSER RÊVER DE JUSTICE

Chaque été, des milliers de travailleur.euse.s migrant.e.s travaillent sur des fermes à travers le pays sous le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) canadien. Afin d’attirer l’attention sur les conditions de travail précaires et relevant de l’exploitation auxquelles les travailleur.euse.s. agricoles migrant.e.s font face au Québec, Cinema Politica s’est joint à l’Association des travailleuses et travailleurs étrangers temporaires (ATTET) et au Centre des travailleurs immigrants (CTI) afin d’organiser OSER RÊVER DE JUSTICE, une tournée québécoise de cinq villes du film primé de Min Sook Lee et Lisa Valencia-Svensson distribué par Cinema Politica, RÊVES DE MIGRANTS (Migrant Dreams).

Ayant lieu seulement quelques mois après qu’une douzain de travailleurs guatémaltèques aient été arrêtés et détenus par des membres de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) à Victoriaville, cette tournée n’aurait pu être plus nécessaire. Un de ces travailleurs, Juan Godoy, suivait la tournée afin de témoigner de son expérience en tant que travailleur agricole au Québec, accompagné du militant pour la justice pour les migrants, Niel La Dode, qui introduisait le travail de l’ATTET, et de Viviana Medina, qui donnait de l’information important sur le contexte féminin du travail migrant au Québec.

Après l’excitation de notre conférence de presse le matin du 31 mai, nous avons voyagé jusqu’à Victoriaville, une plaque tournante de l’agriculture dans la province. Là-bas, nous avons été chaudement accueillis par François Melançon de l'Association des groupes d'éducation populaire autonome, qui a partagé ses réflexions portant sur la manière avec laquelle le cas des travailleurs guatémaltèques avait largement disparu de la scène publique à Victoriaville.

Nous avons ensuite pris la route vers Chicoutimi où nous avons été reçus par des organisateur.trice.s de IWC, Jorge Frozzini and Elizabeth Muñoz, qui ont aussi organisé une projection et un 5 à 7 avec des membres de la communauté et des enseignant.e.s de l’Université du Québec à Chicoutimi. Après une longue discussion engagée faisant suite à une projection devant une salle comble, Jorge et Elisabet étaient excités que l’événement puisse donner du momentum à l’établissement d’un nouveau chapitre local du CTI.

Après cet événement réussi, la tournée a poursuivi sa route vers Québec, où nous avons été accueillis par Karen Bouchard and Kevin Villeneuve-Tremblay, des organisateur.trice.s de Cinema Politica Université Laval. La projection a eu lieu au bar de l’Association des étudiant.e.s de Laval inscrits aux études supérieures (Fou AELIÉS) et a été suivie d’une table ronde qui mettait l’accent sur les problématiques rencontrées par les travailleur.euse.s migrant.e.s au Québec. Plus tôt dans la journée, l’équipe de tournée, espérant connecter avec des travailleur.euse.s isolé.e.s, a voyagé à l’Île d’Orléans, une île qui fût une des premières zones de la province à être colonisée par la France et qui est connue aujourd’hui pour sa production agricole massive.

Le dernier arrêt de la tournée nous a mené.e.s à la Coop de Solidarité Chez Nous à Mascouche/Terrebonne. Cette projection était aussi un moment de célébration pour la victoire de travailleur.euse.s d'abattoir mauricien.ne.s qui ont réussi à se battre contre la limite de quatre ans imposée par le PTET. Animée par Francisco Mooto, un organisateur et membre de la communauté mauricienne, la soirée fût pleine de nourriture, de cinéma, de musique, de danse et d’esprit communautaire.

Avec le gouvernement Trudeau qui approuve le Programme des travailleurs étrangers temporaires et continuer de perpétuer la violence systémique qui en découle, RÊVES DE MIGRANTS de Min Sook Lee est un outil puissant pour les organisateur.trice.s et les travailleur.euse.s. Ici à CP, nous nous joignons au Centre des travailleurs immigrants et à l’Association des travailleuses et travailleurs étrangers temporaires, ainsi qu’à d’innombrables militants pour la justice des migrant.e.s et travailleur.euse.s à travers ce que l’on appelle le Canada, pour demander que tous les travailleur.euse.s aient accès à la résidence permanente dès leur arrivée, ainsi que la fin des conditions de travail relevant de l'exploitation rendues possible par le PTET!