{"id":56603,"date":"2026-05-07T16:44:24","date_gmt":"2026-05-07T20:44:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cinemapolitica.org\/collection\/20-years-20-films-commemorating-two-decades-of-screening-truth-to-power-at-cinema-politica\/"},"modified":"2026-05-07T16:44:25","modified_gmt":"2026-05-07T20:44:25","slug":"20-years-20-films-commemorating-two-decades-of-screening-truth-to-power-at-cinema-politica","status":"publish","type":"collection","link":"https:\/\/www.cinemapolitica.org\/fr\/collection\/20-years-20-films-commemorating-two-decades-of-screening-truth-to-power-at-cinema-politica\/","title":{"rendered":"20 ans, 20 films : on c\u00e9l\u00e8bre les vingt ans de projection de \u00ab Truth to Power \u00bb au Cinema Politica"},"content":{"rendered":"\n<p>Cinema Politica a vu le jour \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Concordia de Montr\u00e9al en 2003, comblant ainsi une lacune dans le monde de la diffusion cin\u00e9matographique contemporaine. Entre l\u2019avalanche de multiplexes et la programmation s\u00e9lective des cin\u00e9mas de r\u00e9pertoire, on constatait une absence notable de documentaires politiques audacieux dans l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me. Au cours des ann\u00e9es suivantes, Cinema Politica s\u2019est donn\u00e9 pour mission de contester les discours politiques n\u00e9olib\u00e9raux, de donner la parole aux histoires m\u00e9connues et de soutenir le cin\u00e9ma documentaire ind\u00e9pendant. Le projet a pris une dimension internationale, rassemblant des dizaines de sections \u00e0 travers le monde, qui projettent toutes des films politiques percutants lors de projections communautaires gratuites et ouvertes au public. Vingt ans apr\u00e8s ses d\u00e9buts, Cinema Politica reste fid\u00e8le \u00e0 son objectif : trouver la voie vers un avenir lib\u00e9r\u00e9, pav\u00e9e par la rencontre entre le cin\u00e9ma et l\u2019activisme. Pour c\u00e9l\u00e9brer cela, nous avons s\u00e9lectionn\u00e9 un film pour chaque ann\u00e9e d\u2019existence de Cinema Politica, afin de rappeler les souvenirs, les r\u00e9cits et les solidarit\u00e9s marquants.     <br\/><\/p>\n\n<div style=\"height:66px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>THE CORPORATION (2003)<\/strong><\/p>\n\n<p>The Corporation est un film qui a fait sensation sur la sc\u00e8ne du documentaire en 2003, au moment m\u00eame o\u00f9 Cinema Politica en \u00e9tait \u00e0 ses d\u00e9buts. L\u2019id\u00e9e centrale selon laquelle \u00ab la corporation \u00bb \u00e9tait un psychopathe, explor\u00e9e \u00e0 travers des s\u00e9quences inventives et ludiques associ\u00e9es \u00e0 des entretiens approfondis avec des acteurs de l\u2019industrie et des militants, a \u00e9t\u00e9 une v\u00e9ritable r\u00e9v\u00e9lation et un v\u00e9ritable plaisir. Nous avons invit\u00e9 le co-r\u00e9alisateur (et d\u00e9sormais partisan de longue date de CP) \u00e0 une projection \u00e0 guichets ferm\u00e9s au l\u00e9gendaire cin\u00e9ma H-110 de l\u2019Universit\u00e9 Concordia pour la premi\u00e8re citadine de ce documentaire audacieux qui faisait monter la tension chez les conservateurs \u00e0 travers tout le Canada. Mark a anim\u00e9 une discussion tr\u00e8s anim\u00e9e apr\u00e8s la projection, v\u00eatu d\u2019un costume rouge assorti d\u2019une mallette de la m\u00eame couleur, d\u2019une queue de diable et d\u2019une aur\u00e9ole (symbolisant le double statut de l\u2019entreprise : un acteur bienveillant en apparence, mais une entit\u00e9 rapace en r\u00e9alit\u00e9). Alors que 700 personnes sortaient en masse d\u2019un \u00e9v\u00e9nement de pr\u00e8s de trois heures sur le campus, nous savions deux choses : ce film et CP continueraient \u00e0 susciter des discussions et \u00e0 mobiliser les communaut\u00e9s \u00e0 travers le pays.    <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>TWO WORLDS COLLIDING (2004)<\/strong><\/p>\n\n<p>Saskatoon, janvier 2000. La ville \u00e9tait en proie \u00e0 un hiver rigoureux, balay\u00e9e par des vents glacials. Darrell Night, un Cris d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es, a \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9 par deux policiers puis abandonn\u00e9 dans la banlieue glaciale de la ville, laiss\u00e9 pour mort par le froid. Si Night a miraculeusement surv\u00e9cu \u00e0 cette tentative d\u2019ex\u00e9cution, de nombreux civils autochtones ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s lors de \u00ab starlight tours \u00bb : une pratique de longue date consistant pour la police \u00e0 abandonner d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment des Autochtones par des temp\u00e9ratures n\u00e9gatives. Le premier film de Tasha Hubbard, TWO WORLDS COLLIDING, \u00e0 la fois troublant et essentiel, examine cette pratique raciste dans la Saskatchewan du d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, mettant en lumi\u00e8re le r\u00f4le des forces de l\u2019ordre en tant que bras arm\u00e9 de la supr\u00e9matie blanche. \u00c0 travers des images glaciales obs\u00e9dantes et des paysages urbains impr\u00e9gn\u00e9s de bokeh, Hubbard brise le \u00ab mur bleu \u00bb de la solidarit\u00e9 polici\u00e8re, r\u00e9v\u00e9lant les v\u00e9rit\u00e9s d\u2019un syst\u00e8me judiciaire raciste et r\u00e9clamant r\u00e9paration pour ses victimes autochtones. Au fil de sa carri\u00e8re, Hubbard est devenue l\u2019une des documentaristes autochtones les plus incontournables du Canada ; Cinema Politica a eu l\u2019honneur de pr\u00e9senter son premier chapitre, une \u0153uvre remarquable.      <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>THE REAL DIRT ON FARMER JOHN (2005)<\/strong><\/p>\n\n<p>Il y a quelque chose de sublimement transgressif chez un agriculteur v\u00eatu d\u2019un boa rouge \u00e0 plumes qui sillonne les champs boueux au volant d\u2019un tracteur. Farmer John, alias John Peterson, est le protagoniste principal de cette com\u00e9die subversive mettant en sc\u00e8ne un agriculteur du Midwest am\u00e9ricain qui cherche, avec un z\u00e8le et un panache tout \u00e0 fait appropri\u00e9s, \u00e0 allier la culture alimentaire \u00e0 l\u2019art politique. Peterson met en place une AMAP (Association pour le maintien d\u2019une agriculture paysanne) baptis\u00e9e Angelic Organics, qui sert \u00e0 la fois de centre agricole et de p\u00f4le r\u00e9volutionnaire d\u2019un genre que l\u2019Illinois n\u2019avait jamais connu auparavant. L\u2019art de la performance et la culture des champs se partagent l\u2019\u00e9cran dans ce documentaire ludique et plein d\u2019entrain sur le travail et le jeu, l\u2019identit\u00e9 et la politique. Alors que ses voisins n\u2019appr\u00e9ciaient gu\u00e8re les excentricit\u00e9s de Peterson et de sa bande, le public du CP s\u2019est d\u00e9lect\u00e9 de la c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019expression insouciante et de l\u2019attention radicale que propose le film.     <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>OCCUPATION 101: VOICE OF THE SILENCED MAJORITY (2006)<\/strong><\/p>\n\n<p>Le film OCCUPATION 101, r\u00e9alis\u00e9 par les fr\u00e8res Sufyan Omeish et Abdallah Omeish, est un t\u00e9moignage inestimable sur les mouvements de solidarit\u00e9 avec la Palestine qui ont vu le jour apr\u00e8s la deuxi\u00e8me Intifada. Mont\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019un montage num\u00e9rique visc\u00e9ral, dans le style du milieu des ann\u00e9es 2000, le film retrace l\u2019histoire d\u00e9chirante de l\u2019occupation de la Palestine, de la d\u00e9claration Balfour \u00e0 la d\u00e9sinformation m\u00e9diatique actuelle, et d\u00e9plore la perte d\u2019une Palestine o\u00f9 les Juifs vivaient autrefois en paix parmi les Arabes. \u00c0 travers des entretiens avec des universitaires (dont Noam Chomsky et Ilan Pappe), des militants des droits humains et des chefs religieux, OCCUPATION 101 met en lumi\u00e8re la situation du XXIe si\u00e8cle marqu\u00e9e par le d\u00e9placement massif et le nettoyage ethnique des Palestiniens ; si l\u2019information sur Isra\u00ebl et la Palestine n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi largement diffus\u00e9e, elle n\u2019a jamais non plus \u00e9t\u00e9 autant manipul\u00e9e pour mettre en avant les r\u00e9cits sionistes et faire taire l\u2019opposition. Aujourd\u2019hui, les avertissements des fr\u00e8res Omeish concernant une sph\u00e8re m\u00e9diatique qui fabrique le consentement au g\u00e9nocide ne font que gagner en pertinence alors que l\u2019extermination des Palestiniens atteint des sommets barbares.   <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>THE LITTLE BLACK SCHOOL HOUSE (2007)<\/strong><\/p>\n\n<p>Dans ce documentaire classique, la cin\u00e9aste n\u00e9o-\u00e9cossaise Sylvia Hamilton tisse un r\u00e9cit autour de la s\u00e9gr\u00e9gation, retra\u00e7ant l\u2019h\u00e9ritage d\u2019\u00e9l\u00e8ves noirs n\u00e9glig\u00e9s par les syst\u00e8mes \u00e9ducatifs et l\u2019histoire des Noirs canadiens occult\u00e9e des programmes scolaires. Avec tendresse \u2014 et la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 apport\u00e9e par la bande originale r\u00e9confortante du l\u00e9gendaire pianiste de jazz Joe Sealy \u2014, Hamilton pr\u00e9sente la p\u00e9dagogie comme un outil de r\u00e9sistance au racisme institutionnel. Gr\u00e2ce \u00e0 la voix off omnisciente de l\u2019\u00e9cole \u00e9ponyme, le film devient un v\u00e9ritable recueil de l\u2019histoire des Noirs canadiens, d\u00e9voil\u00e9e \u00e0 travers des t\u00e9moignages, des photos d\u2019archives, des lettres et des documents l\u00e9gislatifs. Hamilton met en parall\u00e8le les anecdotes affectueuses des personnes interview\u00e9es sur leurs professeurs noirs bien-aim\u00e9s et les r\u00e9cits horribles de la s\u00e9gr\u00e9gation l\u00e9galis\u00e9e et de la supr\u00e9matie blanche inscrite dans la Constitution. THE LITTLE BLACK SCHOOL HOUSE est un bilan \u00e9pineux et doux-amer des pages sombres et souvent pass\u00e9es sous silence de l\u2019histoire canadienne.    <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p>ENCERCLEMENT : LE N\u00c9OLIB\u00c9RALISME PREND LA D\u00c9MOCRATIE AU PI\u00c8GE (2008)Ce n\u2019est pas tous les jours qu\u2019un film en noir et blanc de deux heures et quarante minutes, compos\u00e9 principalement d\u2019interviews, vient dynamiser le d\u00e9bat politique et attiser la flamme de la solidarit\u00e9. Le trait\u00e9 sobre et aust\u00e8re de Richard Brouillette sur la mainmise de cette id\u00e9ologie (et de ce ensemble de politiques) pernicieuse connue sous le nom de n\u00e9olib\u00e9ralisme sur tous les niveaux de la soci\u00e9t\u00e9 est r\u00e9v\u00e9lateur et instructif. Ce film aux multiples niveaux, plusieurs fois prim\u00e9, explore l\u2019histoire, les m\u00e9canismes, les effets et les r\u00e9percussions, et l\u2019on pourrait dire l\u2019ADN m\u00eame du n\u00e9olib\u00e9ralisme et la mani\u00e8re dont il en est venu \u00e0 dominer le monde. En tant qu\u2019antith\u00e8se de la solidarit\u00e9, nous avons \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9s par ce projet stup\u00e9fiant, et encore plus ravis de collaborer avec Brouillette, un cin\u00e9aste politique s\u2019il en est, bien au-del\u00e0 des premi\u00e8res projections de son chef-d\u2019\u0153uvre.   <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>THE COCA-COLA CASE (2009)<\/strong><\/p>\n\n<p>CP a re\u00e7u de nombreuses lettres au fil des ans, mais celle de la redoutable \u00e9quipe juridique new-yorkaise de Coca-Cola remporte la palme. Il semblerait que la soci\u00e9t\u00e9 ait eu vent de notre projet de tourn\u00e9e pour pr\u00e9senter le documentaire d\u2019investigation explosif de Carmen Garcia et German Gutierrez, deux cin\u00e9astes montr\u00e9alais, et nous ait ordonn\u00e9 de \u00ab cesser et de nous abstenir \u00bb. Nous avons fait ce que toute organisation militante organisatrice de projections aurait fait et avons imm\u00e9diatement contact\u00e9 les m\u00e9dias. Cette histoire \u00e0 la David et Goliath, o\u00f9 une immense multinationale menace une petite association \u00e0 but non lucratif au Canada, a contribu\u00e9 \u00e0 attirer des foules immenses aux projections de THE COCA-COLA CASE \u00e0 travers le pays. Le public a pris conscience des agissements terribles de l\u2019entreprise dans ses usines d\u2019embouteillage en Am\u00e9rique latine, o\u00f9 les dirigeants syndicaux sont r\u00e9guli\u00e8rement harcel\u00e9s, enlev\u00e9s et assassin\u00e9s. Sous la plume habile de Garcia et Gutierrez, cette sordide histoire de cupidit\u00e9 et de malversations d\u2019entreprise a contribu\u00e9 \u00e0 renforcer les mouvements sociaux et les campagnes (telles que Killer Coke) qui se multiplient contre cette entreprise qui bafoue les droits humains et l\u2019environnement.      <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>WATER ON THE TABLE (2010)<\/strong><\/p>\n\n<p>Si le capitalisme profane v\u00e9ritablement tout ce qui est sacr\u00e9, ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019une question de temps avant que l\u2019eau ne devienne un enjeu central pour les entreprises avides. Au cours d\u2019une ann\u00e9e captivante, Liz Marshall suit Maude Barlow \u2014 militante canadienne pour l\u2019eau et conseill\u00e8re principale sur les questions de l\u2019eau aupr\u00e8s du pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies \u2014 alors qu\u2019elle m\u00e8ne un mouvement d\u2019opposition contre le projet de d\u00e9charge de North Simcoe. Barlow est fermement convaincue que l\u2019eau doit \u00eatre un droit public, \u00e0 l\u2019abri de toute ing\u00e9rence du secteur priv\u00e9. Tout au long du film, elle se heurte aux partisans du monde des entreprises am\u00e9ricaines : des personnes qui favorisent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la pollution massive et transforment l\u2019eau, pivot de la survie humaine, en une marchandise. Derri\u00e8re la cam\u00e9ra, l\u2019approche stylistique de Marshall m\u00eale modes d\u2019observation, t\u00e9moignages et plans obs\u00e9dants d\u2019abstraction liquide pour r\u00e9v\u00e9ler un monde li\u00e9 par des r\u00e9seaux d\u2019eau assi\u00e9g\u00e9s par des pilleurs capitalistes.    <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>TUNNIIT: RETRACING THE LINES OF INUIT TATTOOS (2011)<\/strong><\/p>\n\n<p>La r\u00e9alisatrice Alethea Arnaquq-Baril appr\u00e9hendait de pr\u00e9senter son documentaire essentiel sur la renaissance des pratiques ancestrales de tatouage du visage et du corps chez les Inuits, et ce \u00e0 juste titre. L\u2019appropriation de l\u2019art et de la culture autochtones par les colons est aussi ancienne que la colonisation, et le fait de partager son \u0153uvre intime risquait de faciliter une exploitation accrue. Pourtant, apr\u00e8s avoir gard\u00e9 le film sous cl\u00e9 pendant cinq ans, Arnaquq-Baril a pris la d\u00e9cision audacieuse d\u2019organiser une projection inaugurale au si\u00e8ge de CP, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Concordia, en 2016. Une salle comble (\u00ab le plus grand public jamais r\u00e9uni \u00bb, titrait un journal) pour un film plus ancien sur une pratique culturelle tr\u00e8s particuli\u00e8re d\u00e9bordait d\u2019\u00e9nergie. Arnaquq-Baril a r\u00e9pondu \u00e0 toute une s\u00e9rie de questions lors de la discussion qui a suivi la projection, notamment \u00e0 celle d\u2019un spectateur non autochtone qui se demandait pourquoi il ne pouvait pas se faire faire un tel tatouage pour honorer la culture inuite. \u00ab Je vous sugg\u00e8re plut\u00f4t de vous pencher sur l\u2019histoire de l\u2019art de votre propre lign\u00e9e \u00bb, a r\u00e9pondu la r\u00e9alisatrice. TUNNIIT retrace les pratiques ancestrales et les syst\u00e8mes de savoir tout en explorant des espaces profond\u00e9ment personnels, \u00e9motionnels et familiaux, \u00e0 la fois charg\u00e9s d\u2019\u00e9motion et joyeux. CP a \u00e9t\u00e9 ravi de projeter ce film unique et de le diffuser \u00e0 grande \u00e9chelle.        <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>GULABI GANG (2012)<\/strong><\/p>\n\n<p>\u00ab Gulabi \u00bb signifie \u00ab rose \u00bb en hindi. Pourtant, pour le Gulabi Gang, un collectif f\u00e9ministe d\u2019autod\u00e9fense en Inde comptant des centaines de milliers de membres, le rose est aussi un symbole de r\u00e9sistance. V\u00eatues de saris roses et arm\u00e9es de lathis en bois, les membres du groupe m\u00e8nent des manifestations non violentes, s\u2019engageant \u00e0 la fois pour la lutte de classe des Dalits et pour la lib\u00e9ration des femmes. Le portrait poignant et inspirant de Nishtha Jain capture la mobilisation du Gulabi Gang \u00e0 travers les paysages arides et ruraux du Bundelkhand, en Inde centrale. La r\u00e9gion est en proie \u00e0 des f\u00e9minicides et \u00e0 des oppressions quotidiennes, cons\u00e9quences du syst\u00e8me des castes. Avec une proximit\u00e9 saisissante, Jain filme les affrontements avec des patriarches r\u00e9actionnaires, les conversations avec les familles des victimes et les recrutements au sein du Gulabi Gang. Alors que les protagonistes infatigables du film \u0153uvrent pour une r\u00e9forme juridique de grande envergure en Inde, GULABI GANG propose une critique stimulante et intersectionnelle o\u00f9 l\u2019abolition du patriarcat et du syst\u00e8me des castes vont de pair.      <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>MY PRAIRIE HOME (2013)<\/strong><\/p>\n\n<p>Grand classique ind\u00e9modable des programmateurs du CP, le documentaire musical de Chelsea McMullan nous fait d\u00e9couvrir les lieux, les pens\u00e9es et les d\u00e9placements de Rae Spoon, musicien originaire de Calgary, au cours de son p\u00e9riple \u00e0 travers les prairies canadiennes. Fruit d\u2019une collaboration entre la r\u00e9alisatrice et son protagoniste, MPH est un portrait plein de tendresse sur l\u2019identit\u00e9 transgenre et le processus cr\u00e9atif. Entre les r\u00e9cits de traumatismes familiaux et le Canada conservateur, le film s\u2019enrichit de num\u00e9ros musicaux d\u00e9cal\u00e9s, notamment des tableaux \u00e9voquant le bal de promo classique des adolescents. Le terme \u00ab excentrique \u00bb ne doit pas \u00eatre pris \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re : les excentricit\u00e9s de ce film, et de son personnage principal, sont \u00e9l\u00e9gantes et extatiques. Elles plongent le public dans un calme contemplatif malgr\u00e9 le mouvement constant caract\u00e9ristique de tout road movie. CP a projet\u00e9 ce classique musical et queer \u00e0 Toronto, dans notre section du Bloor Cinema, et sans surprise, la salle \u00e9tait comble. Comme si le film ne suffisait pas, Spoon \u00e9tait \u00e9galement pr\u00e9sent ; les membres du groupe ont d\u00e9fil\u00e9 dans l\u2019all\u00e9e sous une ovation debout, sont mont\u00e9s sur sc\u00e8ne et ont interpr\u00e9t\u00e9 quelques-unes de leurs chansons empreintes de soul.       <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>VESSEL (2014)<\/strong><\/p>\n\n<p>Les progr\u00e8s ne suivent pas toujours une courbe lin\u00e9aire. Plus d\u2019une d\u00e9cennie s\u2019est \u00e9coul\u00e9e depuis la sortie du documentaire explosif de Diana Whitten, *VESSEL*, et pourtant, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019avortement \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale reste tout aussi (sinon plus) pr\u00e9caire. Le film retrace le projet audacieux de Women on Waves, qui consiste \u00e0 proposer des avortements vitaux \u00e0 des femmes du monde entier (par exemple en Irlande, en \u00c9quateur ou en Tanzanie). Contre la volont\u00e9 de certains l\u00e9gislateurs et conservateurs locaux, Women on Waves contourne les lois r\u00e9gionales sur l\u2019avortement en pratiquant des interventions sur un navire n\u00e9erlandais en eaux internationales (qui rel\u00e8ve de la juridiction l\u00e9gale de son pays d\u2019origine : les Pays-Bas). Tandis que leur clinique mobile sillonne les mers du globe, Rebecca Gomperts \u2013 sa capitaine d\u00e9termin\u00e9e \u2013 pratique des avortements, survit \u00e0 des poursuites maritimes effr\u00e9n\u00e9es men\u00e9es par les autorit\u00e9s et savoure de temps \u00e0 autre une Heineken. VESSEL met en lumi\u00e8re les efforts consid\u00e9rables d\u00e9ploy\u00e9s par ses protagonistes pour garantir des services de sant\u00e9 reproductive s\u00fbrs, tout en d\u00e9fendant le droit international et sans fronti\u00e8res \u00e0 l&rsquo;autonomie corporelle.     <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>3000 NIGHTS (2015)<\/strong><\/p>\n\n<p>Les forces sionistes peuvent bien lancer des frappes a\u00e9riennes sans fin, provoquer des famines \u00e0 grande \u00e9chelle et emprisonner des populations enti\u00e8res, elles ne peuvent toutefois pas briser l\u2019esprit de r\u00e9sistance palestinien. Se d\u00e9roulant dans les ann\u00e9es 1980 dans les quartiers de haute s\u00e9curit\u00e9 r\u00e9serv\u00e9s aux femmes de la prison isra\u00e9lienne de Ramallah, le drame captivant de Mai Masri (inspir\u00e9 de r\u00e9cits r\u00e9els de d\u00e9tenues) retrace l\u2019arrestation injuste et la condamnation \u00e0 huit ans de prison d\u2019une enseignante palestinienne enceinte. Entour\u00e9e de barbel\u00e9s et de grilles carc\u00e9rales, elle trouve la solidarit\u00e9 aupr\u00e8s de ses cod\u00e9tenues, participe \u00e0 une gr\u00e8ve de la prison et \u00e9l\u00e8ve son enfant derri\u00e8re les barreaux, tout en conservant un esprit d\u2019optimisme r\u00e9volutionnaire. Avec un regard port\u00e9 sur l\u2019architecture carc\u00e9rale (par exemple, des abstractions de cl\u00f4tures grillag\u00e9es et de murs de prison), le film suit la relation entre des d\u00e9tenues tr\u00e8s diff\u00e9rentes, alors que des relations initialement tendues se transforment en camaraderie. Bien que 3000 NIGHTS soit l\u2019un des rares films de fiction du CP, il n\u2019en est pas moins percutant ; le film distille avec passion l\u2019importance de la solidarit\u00e9 et de la r\u00e9silience face \u00e0 un colonisateur impitoyable.    <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>MIGRANT DREAMS (2016)<\/strong><\/p>\n\n<p>Les forces sionistes peuvent bien lancer des frappes a\u00e9riennes sans fin, provoquer des famines \u00e0 grande \u00e9chelle et emprisonner des populations enti\u00e8res, elles ne peuvent toutefois pas briser l\u2019esprit de r\u00e9sistance palestinien. Se d\u00e9roulant dans les ann\u00e9es 1980 dans les quartiers de haute s\u00e9curit\u00e9 r\u00e9serv\u00e9s aux femmes de la prison isra\u00e9lienne de Ramallah, le drame captivant de Mai Masri (inspir\u00e9 de r\u00e9cits r\u00e9els de d\u00e9tenues) retrace l\u2019arrestation injuste et la condamnation \u00e0 huit ans de prison d\u2019une enseignante palestinienne enceinte. Entour\u00e9e de barbel\u00e9s et de grilles carc\u00e9rales, elle trouve la solidarit\u00e9 aupr\u00e8s de ses cod\u00e9tenues, participe \u00e0 une gr\u00e8ve de la prison et \u00e9l\u00e8ve son enfant derri\u00e8re les barreaux, tout en conservant un esprit d\u2019optimisme r\u00e9volutionnaire. Avec un regard port\u00e9 sur l\u2019architecture carc\u00e9rale (par exemple, des abstractions de cl\u00f4tures grillag\u00e9es et de murs de prison), le film suit la relation entre des d\u00e9tenues tr\u00e8s diff\u00e9rentes, alors que des relations initialement tendues se transforment en camaraderie. Bien que 3000 NIGHTS soit l\u2019un des rares films de fiction du CP, il n\u2019en est pas moins percutant ; le film distille avec passion l\u2019importance de la solidarit\u00e9 et de la r\u00e9silience face \u00e0 un colonisateur impitoyable.   <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>DEFIANT LIVES (2017)<\/strong><\/p>\n\n<p>Au Royaume-Uni, aux \u00c9tats-Unis et en Australie, des collectifs d\u2019activistes en situation de handicap se mobilisent et revendiquent leur humanit\u00e9 face \u00e0 un monde discriminatoire qui les condamne souvent \u00e0 l\u2019internement, \u00e0 l\u2019incarc\u00e9ration, \u00e0 la pauvret\u00e9 et aux mauvais traitements. Le film exhaustif de la r\u00e9alisatrice Sarah Barton retrace une longue histoire des mouvements modernes de protestation pour les droits des personnes handicap\u00e9es, depuis les mobilisations contre les t\u00e9l\u00e9thons d\u00e9shumanisants et paternalistes de Jerry Lewis pour la MDA jusqu\u2019au \u00ab Capitol Crawl \u00bb en soutien \u00e0 l\u2019Americans with Disabilities Act. Barton replace le militantisme pour la justice en faveur des personnes handicap\u00e9es dans le contexte d\u2019autres mouvements sociaux (par exemple, l\u2019organisation du Black Power par le Black Panther Party), mettant en lumi\u00e8re une lign\u00e9e politique cruciale mais souvent n\u00e9glig\u00e9e. \u00c0 la fois critique des \u00ab alli\u00e9s \u00bb valides f\u00e9tichistes et t\u00e9moignage inspirant de la r\u00e9silience d\u2019activistes handicap\u00e9s in\u00e9branlables, le film palpitant de Barton retrace le parcours des personnes handicap\u00e9es pour se r\u00e9approprier leur pouvoir d\u2019action politique et \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des \u00eatres humains \u00e0 part enti\u00e8re dans un monde qui les a longtemps rejet\u00e9es comme des \u00eatres fragment\u00e9s et inf\u00e9rieurs.   <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>THE FEELING OF BEING WATCHED (2018)<\/strong><\/p>\n\n<p>La surveillance est l\u2019un des outils de r\u00e9pression pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de l\u2019empire am\u00e9ricain. Au-del\u00e0 des informations qu\u2019elle permet de recueillir, la surveillance s\u00e8me \u00e9galement la parano\u00efa au sein d\u2019une communaut\u00e9, pousse ses habitants \u00e0 se replier sur eux-m\u00eames, \u00e9touffe toute dissidence et encourage l\u2019autocontr\u00f4le. Dans son film troublant, la cin\u00e9aste et journaliste d\u2019investigation alg\u00e9ro-am\u00e9ricaine Assia Boundaoui explore l\u2019histoire de la surveillance exerc\u00e9e par le FBI \u00e0 l\u2019encontre des Arabo-Am\u00e9ricains, qui remonte bien avant le 11 septembre. M\u00ealant des documents d\u2019archives sur microfilm et les r\u00e9cits de sa famille, Boundaoui explore les sinistres profondeurs de l\u2019op\u00e9ration \u00ab Vulgar Betrayal \u00bb : un programme de surveillance du FBI qui ciblait son quartier majoritairement musulman, situ\u00e9 juste \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de Chicago, sous le pr\u00e9texte de la \u00ab lutte contre le terrorisme \u00bb. THE FEELING OF BEING WATCHED suit l\u2019engagement de Boundaoui \u00e0 \u00ab surveiller les surveillants \u00bb, d\u00e9clenchant une campagne visant \u00e0 d\u00e9noncer le panoptique abusif que les Arabo-Am\u00e9ricains subissent depuis longtemps. Le r\u00e9sultat est un documentaire mobilisateur et r\u00e9v\u00e9lateur.     <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>OUR DANCE OF REVOLUTION (2019)<\/strong><\/p>\n\n<p>Un cort\u00e8ge de manifestants avance au ralenti sur Yonge Street, \u00e0 Toronto, les poings serr\u00e9s lev\u00e9s dans un nuage de fum\u00e9e color\u00e9e. N\u00e9 dans le contexte des manifestations Black Lives Matter des ann\u00e9es 2010, le documentaire ambitieux et \u00e9mouvant de Phillip Pike prend du recul pour retracer l\u2019histoire foisonnante de la r\u00e9sistance noire et queer \u00e0 Toronto. Retracent les traditions de l\u2019activisme noir torontois, le film tisse ensemble l\u2019h\u00e9ritage du Black Women\u2019s Collective, de la Black Coalition for AIDS Prevention, des cultures locales de drag et de DJ, des communaut\u00e9s religieuses inclusives, et des luttes contre une Toronto Pride qui cherche \u00e0 coopter et \u00e0 assimiler la n\u00e9gritude \u00e0 des fins lucratives. Chaque histoire de cette saga \u00e9pique prend vie gr\u00e2ce \u00e0 des t\u00e9moignages saisissants, des photographies, des articles de journaux exhum\u00e9s des archives et des performances artistiques \u00e9clectiques. Avec OUR DANCE, Pike compose une tendre \u00e9l\u00e9gie pour les vies noires perdues \u00e0 cause du racisme structurel, imaginant la lib\u00e9ration comme quelque chose qui jaillit lorsque les gens s\u2019unissent \u2013 non seulement dans les rues, mais aussi dans les bo\u00eetes de nuit, lors de r\u00e9citals de po\u00e9sie et dans les cuisines.    <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>NO VISIBLE TRAUMA (2020)<\/strong><\/p>\n\n<p>Si les analyses de la violence polici\u00e8re et de ses fondements supr\u00e9macistes blancs se concentrent souvent sur les commissariats am\u00e9ricains, le Canada n\u2019est pas \u00e0 l\u2019abri d\u2019abus de pouvoir similaires. Au contraire, les m\u00eames pathologies gangr\u00e8nent les commissariats et les centres d\u2019appel canadiens, notamment l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de recours excessif \u00e0 la force au sein du service de police de Calgary. R\u00e9alis\u00e9 sur cinq ans, ce documentaire poignant de Robinder Uppal et Marc Serpa Francoeur relate trois actes de violence polici\u00e8re non provoqu\u00e9s \u00e0 Calgary : le meurtre d\u2019Anthony Heffernan, l\u2019agression de Godfred Addai-Nyamekye et le fait qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9, insuffisamment v\u00eatu, par un temps glacial, ainsi que le traumatisme cr\u00e2nien qui a ruin\u00e9 la vie de Daniel Haworth, inflig\u00e9 par un agent. Le film m\u00eale des images de cam\u00e9ras embarqu\u00e9es, de vid\u00e9osurveillance et d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res \u00e0 des entretiens avec des victimes ou les familles de victimes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es, d\u00e9peignant avec tristesse des histoires de vies bris\u00e9es ou vol\u00e9es par des policiers sans piti\u00e9. En l\u2019absence de v\u00e9ritable responsabilit\u00e9 polici\u00e8re (l\u2019ASIRT, l\u2019organisme d\u2019enqu\u00eate, est dirig\u00e9 par des coll\u00e8gues policiers), NO VISIBLE TRAUMA est un r\u00e9quisitoire et un cri de ralliement pour la justice. Sorti en 2020, parall\u00e8lement aux d\u00e9bats post-George Floyd sur les violences polici\u00e8res et les solutions abolitionnistes, le film est devenu un \u00e9l\u00e9ment essentiel du d\u00e9bat au Canada.     <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>DEAR JACKIE (2021)<\/strong><\/p>\n\n<p>Apr\u00e8s un bref passage chez les Royals de Montr\u00e9al, en ligue mineure, Jackie Robinson a fait une entr\u00e9e fracassante dans le monde du baseball professionnel et est devenu le premier joueur noir de la MLB, acc\u00e9dant \u00e0 la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 en tant que premier but des Dodgers de Brooklyn. Pour beaucoup, Robinson incarnait l\u2019id\u00e9al d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 post-raciale, et Montr\u00e9al s\u2019est alors impr\u00e9gn\u00e9e de cette utopie : celle de briser la barri\u00e8re raciale. Soixante-cinq ans apr\u00e8s le passage de Robinson au Qu\u00e9bec, le film envo\u00fbtant et \u00e9pistolaire d\u2019Henri Pardo, DEAR JACKIE, confronte un Montr\u00e9al moderne d\u00e9tach\u00e9 de toute r\u00e9alit\u00e9 post-raciale. \u00c0 travers une s\u00e9rie de lettres visuelles adress\u00e9es au membre du Temple de la renomm\u00e9e du baseball, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 depuis longtemps, Pardo brosse un portrait collectif de la communaut\u00e9 noire d\u2019aujourd\u2019hui dans le quartier de la Petite-Bourgogne. \u00c9clectique et ambitieux, le film explore les conditions de la n\u00e9gritude \u00e0 travers une myriade de perspectives et de sujets : le baseball, la souverainet\u00e9 alimentaire, les violences polici\u00e8res, la gentrification, etc. Sans jamais d\u00e9nigrer Robinson lui-m\u00eame, le film rejette sa mythologie symbolique en tant que pr\u00e9curseur de l\u2019\u00e8re post-raciale. Au contraire, DEAR JACKIE r\u00e9v\u00e8le une ville contemporaine o\u00f9 les Noirs continuent de lutter contre les structures de leur asservissement, se battant pour la reconnaissance et la prosp\u00e9rit\u00e9.      <\/p>\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p>THE KLABONA KEEPERS (2022) \u00ab Ils ont vol\u00e9 les enfants \u00e0 la terre. Aujourd\u2019hui, ils volent la terre aux enfants \u00bb, d\u00e9clare Rhoda Quock, d\u00e9fenseuse de la terre, dans ce documentaire \u00e0 la fois percutant et plein de compassion r\u00e9alis\u00e9 par Tamo Campos et Jasper Snow Rosen. Pour la nation Tahltan, l\u2019histoire postcoloniale moderne reste marqu\u00e9e par un chagrin sans fin, des pensionnats indiens aux spoliations de terres ill\u00e9gales. \u00c0 travers des entretiens sinc\u00e8res et des images tourn\u00e9es en premi\u00e8re ligne des barrages, le film retrace la manifestation r\u00e9ussie, men\u00e9e par les Autochtones, contre les tentatives des promoteurs industriels de s\u2019emparer des Sacred Headwaters : une vaste r\u00e9gion alpine du nord de la Colombie-Britannique et l\u2019un des plus grands \u00e9cosyst\u00e8mes d\u2019eau douce intacts d\u2019Am\u00e9rique du Nord. Si les protestations des Tahltans ont finalement abouti \u00e0 un accord visant \u00e0 prot\u00e9ger les 286 000 hectares de Klabona, le film ne s\u2019ach\u00e8ve pas sur une conclusion bien ficel\u00e9e. Au contraire, la lutte pour prot\u00e9ger les terres autochtones contre les industries extractives se poursuit \u00e0 travers l\u2019Am\u00e9rique du Nord, alors que la machine corporative continue de pi\u00e9tiner les \u00e9cosyst\u00e8mes pr\u00e9serv\u00e9s pour le profit.    <\/p>\n","protected":false},"featured_media":36782,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_oasis_is_in_workflow":0,"_oasis_original":0,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"class_list":["post-56603","collection","type-collection","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.1.1 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>20 ans, 20 films : on c\u00e9l\u00e8bre les vingt ans de projection de \u00ab Truth to Power \u00bb au Cinema Politica - Cinema Politica<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.cinemapolitica.org\/fr\/collection\/20-years-20-films-commemorating-two-decades-of-screening-truth-to-power-at-cinema-politica\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_CA\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"20 ans, 20 films : on c\u00e9l\u00e8bre les vingt ans de projection de \u00ab Truth to Power \u00bb au Cinema Politica - Cinema Politica\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Cinema Politica a vu le jour \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Concordia de Montr\u00e9al en 2003, comblant ainsi une lacune dans le monde de la diffusion cin\u00e9matographique contemporaine. 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