H2Organize : Journée mondiale de l’eau 2026

Still from La hija de la laguna
Still from La hija de la laguna

L’eau est le pivot de la vie organique, la pierre angulaire de tous les écosystèmes. Pourtant, malgré son rôle central sur notre planète, l’eau reste une ressource fragile qu’il faut protéger contre les industries extractives. Pour célébrer la Journée mondiale de l’eau, nous avons sélectionné trois films qui défendent le caractère sacré de l’eau. Ces films traitent de manifestations contre des décharges en Ontario (WATER ON THE TABLE), d’une marche nationale de solidarité pour l’eau au Pérou (DAUGHTER OF THE LAKE) et d’une mobilisation communautaire pour la préservation de l’eau douce en Colombie (CRUDE GOLD: THE CASE OF ECO ORO).

Water on the Table

WATER ON THE TABLE est un documentaire à dimension sociale, centré sur des personnages, réalisé par Liz Marshall. Il explore la relation du Canada à son eau douce — sans doute sa ressource naturelle la plus précieuse. Le film pose une question essentielle : l’eau est-elle une marchandise commerciale comme des chaussures de course ou du Coca-Cola, ou est-elle un droit humain fondamental, comme l’air ?

WATER ON THE TABLE met en lumière Maude Barlow, considérée comme une « guerrière de l’eau » à l’échelle internationale pour son engagement en faveur de la reconnaissance de l’eau comme droit humain.
« L’eau doit être déclarée bien public et droit humain, appartenant aux populations, aux écosystèmes et aux générations futures, et protégée à perpétuité dans les lois. L’eau potable doit être fournie comme un service public, et non comme une marchandise à but lucratif. »

Le film capte avec intimité à la fois la figure publique de Maude Barlow et la femme derrière les coulisses. La caméra suit son quotidien sur la route, au Canada et aux États-Unis, pendant une année marquée par un rythme de travail intense et ininterrompu. De 2008 à 2009, Barlow a occupé le poste de conseillère principale de l’ONU sur l’eau auprès du père Miguel d’Escoto Brockmann, président de la 63e session de l’Organisation des Nations Unies.

Mais WATER ON THE TABLE est bien plus qu’un simple portrait d’activiste. Il s’agit d’un essai poétique qui met en scène plusieurs débats puissants et soigneusement construits. Les opposants de Barlow — influents acteurs des milieux politiques et économiques — soutiennent que l’eau est une ressource comme les autres, et que sa privatisation constitue le meilleur moyen de protéger les réserves d’eau douce. Il est notamment proposé que le Canada exporte massivement son eau vers les États-Unis dans un avenir imminent.

Les images cinématographiques, proches du haïku visuel, signées Steve Cosens, s’attardent sur les bassins versants, les milieux humides, les rivières, les estuaires, les chutes et les lacs. Elles relient les thèmes et les questionnements du film, tout en élevant l’eau au-delà du cadre strictement politique. Si plusieurs voient en Barlow une figure clé du mouvement mondial pour la justice de l’eau, d’autres la perçoivent comme alarmiste et provocatrice.

Elle s’est engagée dans la défense de l’eau au Canada dès le milieu des années 1980, lorsqu’il est devenu évident que cette ressource serait incluse comme bien échangeable dans l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis. Elle a tenté de faire retirer l’eau de cet accord, puis a poursuivi son engagement lorsque celle-ci a été intégrée à l’ALENA, non seulement comme bien, mais aussi comme investissement.

Depuis, l’eau est devenue au cœur de son comba

Daughter of the Lake

Nelida est une femme andine capable de communiquer avec les esprits de la nature. Elle se considère comme la fille des lacs qui fournissent l’eau à son village. Mais sous ces lacs, Yanacocha — la plus grande mine d’or d’Amérique latine — a découvert un gisement d’une valeur de plusieurs milliards de dollars. Avec le soutien du gouvernement péruvien, l’entreprise prévoit de l’exploiter, même si cela implique d’assécher les lacs.

Les agriculteurs vivant en aval s’opposent au projet, craignant de manquer d’eau. C’est une lutte de vie ou de mort. Lors des manifestations, la police a tué cinq hommes. Les habitants doivent affronter non seulement les pouvoirs politiques et économiques, mais aussi les divisions au sein de leurs propres communautés, certaines dépendant désormais des emplois offerts par la mine.

Lorsque Nelida rejoint une marche de plus de mille kilomètres jusqu’à Lima, la capitale, elle réalise qu’elle n’est pas seule. Des milliers de personnes se mobilisent pour protéger les sources d’eau andines.

L’histoire de Nelida trouve aussi des échos en Bolivie, où un groupe de femmes vit sur des terres asséchées après des années d’exploitation minière intensive. On suit également Bibi, une joaillière néerlandaise qui présente ses créations sur les podiums européens et décide de se rendre au Pérou pour comprendre l’origine de l’or qu’elle utilise.

De retour au Pérou, la répression contre les manifestants s’intensifie. Marco, un ancien prêtre et mentor de Nelida, est violemment arrêté par la police alors qu’il manifeste pacifiquement sur une place publique.

Le conflit se poursuit. Face à 150 policiers prêts à évacuer une manifestation pacifique près des lacs, Nelida prend son téléphone et contacte des journalistes à Cajamarca. Sa détermination permet d’éviter une intervention brutale. Mais son engagement a des conséquences : son père, qui travaille pour la mine, perd son emploi.

Cela ne la fait pas renoncer. Elle retourne aux lacs, prie les esprits de l’eau et leur offre des fleurs ainsi que les photos des cinq agriculteurs tués dans ce conflit sans fin. Finalement, Nelida demande à sa mère la force de continuer son combat pour la justice.

Crude Gold: The Case of Eco Oro

Ce film fait partie de la série CRUDE GOLD. Le paramo de Santurban est devenu un exemple de lutte communautaire couronnée de succès pour la protection des sources d’eau. Des avocats, des responsables communautaires et des militants se sont unis pour se mobiliser et exiger la protection des ressources naturelles menacées par les projets de la société Eco Oro, basée à Vancouver. Une urgence palpable entoure cette histoire en raison de la fragilité du paramo – ces zones humides de haute altitude – qui alimente en eau douce les vastes régions autour de Bucaramanga.

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